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Mouvements syndicaux en Ardèche

vendredi 19 novembre 2010, par POCARD Xavier "Spoke"

L’expédition ardèchoise 2010 aura laissé des traces non seulement sur les canobus mais également sur le physique et le mental des troupes engagées dans un périple sportif hors norme !

Voir en ligne : Site du Marathon

Le chargement de la remorque en ce jeudi 11 novembre au matin avait des airs de cérémonie commémorative, chacun déposant avec une certaine angoisse son vélo sur l’autel canobus, soucieux du sort qui serait réservé pendant les 8 heures de voyage à la précieuse cargaison. Pourtant, pas une roue, pas une gourde ne s’échappa de la remorque tant un soin tout particulier avait été porté à la préparation du convoi exceptionnel.

Sitôt arrivés à la Base Départementale de Salavas et le déchargement effectué, il ne fallut que quelques minutes pour mettre le feu à la mousse.
Pourtant la boucle concoctée par Arnaud qui nous attendait le lendemain aurait dû nous freiner dans notre entrain… mais cette brèche ouverte dans notre quotidien de combattants syndicaux était tant attendue ! A croire que c’est la soudaine baisse de pression qui déclencha la terrible crise stomacale de notre camarade des MGE…

Aussi en ce vendredi matin c’est avec le casque bien rivé sur nos cocottes minutes que nous partîmes découvrir ce magnifique pays ardèchois, à vélo pour les uns, en escalade ou VTT pour les autres. 5 heures de pédalage et 95 km au compteur nous auront donné non seulement un bon aperçu des nos limites physiques du moment (et plus particulièrement de la fragilité de nos postérieurs) mais également des multiples richesses cachées de la terre ardèchoise et notamment de ses rivières trés sportives comme le Chassezac ou la Thines qui mériteront sans aucun doute, une prochaine prospection.
Dès notre retour, changement de tenue : me voici propulsé dans la peau de Domenech ! et croyez-moi, on ne s’improvise pas sélectionneur officiel du jour au lendemain.
Difficile de concilier les intérêts des uns, les frustrations des autres : bref il fallu trancher dans le vif et convaincre les indécis. L’agent de conciliation recruté à grands frais pour l’occasion, Eric BIAU himself, permit de dégager un consensus acceptable… Le plan de table enfin adopté, nous pouvions nous glisser dans nos lits et rêver à nos slogans revendicatifs.

Et nous voilà dès 8h30 sur le quai de l’Ardèche prêts à embarquer dans nos wagons rouges, fiers de nos tenues prêtées par nos camarades des délégations vosgiennes et impatients d’en découdre avec les forces de l’ordre.
Chaque équipage peaufine alors son embarcation en prenant soin de renforcer l’étanchéité à grand coup de scotch et de bâche plastique qui ne durerait que le tant du passage du Charlemagne !
D’ailleurs le "rapide" du Charlemagne en question faillit bien tuer le suspens avant le départ tant les trajectoires de nos 2 bateaux furent négligées… mais bon il fallait bien le passer ce foutu Charlemagne !
L’énorme armada présente aux pieds du Pont d’Arc laissait pressentir un départ sanglant… l’émotion dégagée par les 800 pagayeurs massés au détour de la rivière tels des vikings en attente de la prise d’assaut était assez vibrante et nous rappelait alors nos plus beaux piquets de grève dans l’attente d’être délogés par les matraques et les bombes lacrymogènes.
Le coup d’envoi fut terrible, tant le chaos qui se trama fut total. A peine le départ annoncé (que d’ailleurs personne ne pu entendre !), une clameur incroyable monta de la centaine d’embarcations vers les parois vertigineuses des falaises.
Il nous fallut plusieurs minutes avant de parvenir à s’extraire de la masse houleuse et prendre notre vitesse de croisière. Le bateau barré par Damien suivait de prêt. Bien engagés dans la descente nous étions à la lutte pour rentrer dans les 35 premiers. Nos slogans revendicatifs lancés aux rares spectateurs regroupés aux points stratégiques de la descentes firent mouche et leurs encouragements nous portèrent au-delà de la Cathédrale, jusqu’ à l’arrivée.
L’implication totale et la bonne cadence imposée par Clotilde et Léa permirent à mon bateau de franchir la ligne d’arrivée en 2h08’56 certes avec une bonne demi-heure de retard sur la fusée ardèchoise pilotée par les frères Peschier et leurs mercenaires marseillais mais avec le sentiment du devoir accompli !
Mais alors le 2ème équipage dites-moi ? Eh bien après trois quart d’heure d’attente, le mauvais pressentiment qui planait tel l’aigle au dessus du Grand Canyon depuis l’arrivée de la barque à fond plat ce précisa : il n’arriverait pas. L’abandon, le coup du sort, la casse : le passage de la dent noire avait été fatal à notre binôme. Poussés à la faute par un équipage adverse, contraints à abandonner leur embarcation, c’est en camion de pompier, abattus et meurtris dans leur chair (la relique ossuaire de St Vincent est désormais visible à la Basilique St-Maurice) et dans leur âme que nos amis nous rejoignirent à St-Martin d’Ardèche.
L’opération de sauvetage du canobus pouvait alors débuter sous les ordres de notre contact local PERNOT C.
Renseignements pris auprès du PC course et du PC sécurité, le bateau se trouvait toujours au bivouac de Gaud, là où l’avait laissé son équipage malchanceux.
Seulement voilà, l’évacuation du grand cachalot rouge du fond des abyssales Gorges de l’Ardèche ne fut pas de tout repos. Le portage du cétacé était d’emblée proscrit tant la route était éloignée de la rivière. Il fallait dès lors, obtenir l’autorisation de la responsable de la réserve naturelle des Gorges pour accéder avec le camion, jusqu’au bivouac par une rampe très pentue, normalement interdite à toute circulation. Heureusement, le pronostic de flottabilité du canobus échoué n’était pas engagé et l’engin pourrait être remorqué à la force des pagaies jusqu’à hauteur du camion avant d’être hissé par moitié sur la galerie du camion. Toute inquiétude désormais évaporée comme la brume matinale, nous pûmes nous concentrer sur le moment de convivialité offert par l’organisation avec son traditionnel concert et bal de pogo arrosé de bière à la châtaigne.
Vivement l’Ardèche 2012. X. POCARD


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