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Tessin (la suite)

mardi 22 juin 2010, par POCARD Xavier "Spoke"


Jour 2 : Rovana en rando
Guillaume par ce bon matin pluvieux nous propose un petit parcours allèchant sur le papier : la Rovana à une heure de route de notre campement. Rien de bien terrible selon lui : du bon 4 avec quelques passages clés… allons-y.
Après avoir pris un bon 800 m de D+ en camion, la température à notre arrivée à Niva se rapproche dangeureusemnt de zéro. Après avoir convaincu Sophie de prendre part à l’aventure (elle n’avait pas encore vu ce qui l’attendait là-bas tout en bas) et avoir revêtu notre mouillasse la plus chaude (et la plus dégoulinante pour Jéjé), nous voici partis à travers champs sous une pluie battante voir d’un peu plus près ce qui nous attend.
L’accès à la rivière indiqué par Guillaume donne déjà le ton : descente scabreuse sur terrain glissant qui nous oblige à sortir les cordes de sécu.
Arrivés au niveau du cours d’eau, il faut bien se rendre à l’évidence : nous devrons rebrousser chemin. D’emblée la Rovana présente une gorge barrée de rappels sympathiques sans pose de sécu possible. Nous choisissons prudemment de contourner ce premier rapide et de chercher un nouvel embarcadère. La remontée puis la redescente des bateaux avec les cordes ont au moins le mérite de nous réchauffer. Nous embarquons enfin pour de bon au pied d’une magnifique cascade. Sur l’eau Sophie est tendue comme son string : une premier bain dans les 10 premiers mètres lui fait monter d’un cran la pression. Le premier passage sérieux approche déjà : accompagné de Jéjé, je me lance pour m’arrêter en urgence avant un trou vicieux à sécuriser depuis la rive. Pierre, surpris par la vitesse de l’eau ne parvient pas à attraper le contre et va inspecter à sa façon, en marche arrière, le fameux trou : il en sortira à la nage, sans son bateau. Julien trop heureux de sauter à l’eau par cette météo clémente va repêcher le Supersonic à la nage ! Bébert est calmé, Sophie aussi, Jéjé également. Bon on fait quoi maintenant ?
La simple entrevue de ce qui nous attend après fait craindre de nombreux portages. Après un nouveau rapide, Antoine et moi jettons l’éponge. Seuls Yvon et Guillaume fidèles à leur feuille de route iront jusqu’au bout …une fois les 2 pieds dans le vide un para ne recule jamais ! Pour les autres, c’est rando avec bateau sur l’épaule.
A l’arrivée, première éclaircie : ce semi-échec est vite effacé par le soleil qui nous réchauffe enfin. Nous reprenons la route vers le Ribo. A elle seule, la route vaut le détour : c’est un peu le Salaire de la Peur à tous les virages, la nitro en moins mais la remorque en plus …
Tout au fond de vallée, Guillaume nous a dégotté une pelouse verdoyante au bord de la rivière pour lancer nos tentes et faire sécher nos cordes de sécu.
Au programme, soirée musicale sans contrainte horaire…

Jour 3 : Ribo Vs Bébert
Tout s’annonçait pourtant paisible : soleil éclatant, petit déj sur le ponton de l’embarcaggio, niveau d’eau idéal. Pourtant l’expé va vite virer au drame. 1 km à peine après le départ, Sophie pète sa pagaie slalom (autant faire une tequila paf avec un verre en cristal) et sort la natation. Heureusement ’Toine sort comme par magie de son bateau une pagaie démontable et après deux tours de clé nous poursuivons.
Trés vite nous atteignons une succession de seuils monumentaux que Guillaume n’a plus envie de goûter (mais pourquoi dis ?) n’effraie poutant pas nos amis autrichiens qui avec leurs bateaux suppositoires s’y lancent la fleur au manche… je commence à me dire que mon bateau n’est peut-être pas le bon outil pour attaquer ce genre de rapide…
Bref, on porte, on traverse un champ d’orties (hein Julien !) avant de trouver un accès pourri à la rivière, qui nous évite ce passage pas trop à notre goût (mais bien à celui des teutons) et on rembarque enfin.
Pas pour longtemps. Sur le premier rapide qui suit Sophie se paye un coin de rocher et sort à la nage, Pierre se presse pour la rattraper, se fout à l’eau et se luxe l’épaule : bingo la fête est finie. Les 2 heures qui suivent vont être difficiles pour Pierre et nous tous. L’évacuation d’un Bébert et de son bateau depuis le fond de gorges aux parois glissantes n’est pas de tout repos. Heureusement la prise en charge de Bébert par Antoine et Yvon est digne d’un exercice d’évacuation du GIGN. La remontée des bateaux par Delets et Julien est tout aussi périlleuse. Sur ce plan, on oubliera juste la pagaie de Pierre que nous comptons bien venir retirer à la consigne l’an prochain.
C’est emputée de trois GI’S que notre unité poursuit tout de même la descente encombrée de passagessublimes. Le point d’orgue c’est bien sûre la célèbre chute du Ribo, une cascade de 15 m presque verticale qui je dois bien l’avouer à de quoi impressionner. Après un rapide tour de table, nous décidons de la laisser pour une prochaine fois : il faut toujours en garder un peu pour plus tard !
Sur la fin du parcours, la fatigue aidant, nous enchaînons les passages bien plus rapidement.
Au débarquement, nous retrouvons notre Bébert certes blessé mais souriant : la bête est atteinte certes mais pas abattue !
Nous reprenons la route vers la Verzasca qui d’après notre chef d’escadron, devrait avoir retrouvé une physionomie plus en adéquation avec notre niveau de patique et surtout devrait permettre à Olivier de tremper un peu sa jupette.

J3 - Verzasca le retour
Le soleil est de mise en ce dimanche matin et le visage que nous offre la vallée verdoyante de la Verzasca n’a plus rien à voir avec l’ambiance ultra fraîche-humide de jeudi matin.
Delets est bien décidé à mettre à profit sa matinée pour s’offrir une petite portion classe II-III de Verzasca. Sophie et moi l’accompagneront. Même un peu courte, cette session a donné la banane au camarade MP3.
Sitôt débarqués nous levons le camp pour profiter d’une dernière séquence avant de reprendre la route du retour. Nous ferons la même section que jeudi mais avec un débit nettement plus modeste : un peu plus de 20m3 contre 45 ! Pourtant même avec ce niveau d’eau, la Verzasca se dompte difficilement : beaucoup de passages à reconnaître… et certains à porter !
Julien, le moral gonflé à bloc et les bras chargés de testostérone ne renonce pas une fois, remonte même son bateau pour passer 2 fois les rapides, et finit par un solo spectaculaire hors de portée de nos cordes de sécu… un peu survitaminé au réveil le gamin.
Fourbus par tant d’eau vive, nous quittons le Tessin et ses sublimes rivières avec la ferme intention d’aller rechercher la pagaie de Bébert en 2011, là où nous l’avons laissée…

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Verzasca
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Verzasca3
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Ribo Bébert’s shoulder Gorge
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Hte Verzasca
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Groupe Verzasca
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Gégé Verzasca
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Julien

P.-S.

Un grand merci à Guillaume pour nous avoir fait partager sa connaissance du secteur et avoir supporté nos frasques pendant ce séjour.

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